L’empire industriel d’Aliko Dangote

Auteur 14 octobre 2014 3
L’empire industriel d’Aliko Dangote

Le classement Forbes des plus grosses fortunes mondiales l’avait classé à la 76ème place en 2012. En 2013, Aliko Dangote a atteint, toujours selon le même classement, la 43ème place. Cette année, le businessman nigérian se hisse à la 23ème place, entre le chocolatier Ferrero et Georges Soros, continuant ainsi une progression jamais démentie depuis son entrée dans le monde des affaires, en 1977.

Alors qu’il n’a que vingt ans, Aliko Dangote flaire le potentiel offert par la fabrication et la distribution du ciment, à l’époque produit à la fois rare et cher. Il s’en ouvre alors à ses proches, cherche des investisseurs pour concrétiser son projet, et trouve un donateur en la personne de son oncle. Avec la somme de 500 000 nairas, soit 2 300 euros, et l’apport de trois camions de dix tonnes, l’ambitieux jeune homme peut débuter ses activités et monte l’entreprise Dangote Cement, qui connait vite un franc succès. S’ouvre alors une période de diversification et d’expansion, et Aliko Dangote quitte sa ville pour créer le Dangote Group à Lagos. Les circonstances politiques lui sont favorables ; après le coup d’Etat de 1983, nombreux sont les entrepreneurs qui, jugés corrompus ou trop proches de l’ancien régime, sont emprisonnés, laissant ainsi la place à de nouveaux hommes d’affaires.

Diversification des activités

En plus du ciment qui assoit sa fortune, l’entrepreneur décide de lancer son entreprise sur les marchés de l’agroalimentaire, du transport, de l’industrie minière, de l’énergie et de l’immobilier. Au total, 13 sociétés, dont certaines cotées en bourse. L’idée d’une diversification des activités du groupe prend corps lors d’un voyage au Brésil, en 1999. Le niveau d’industrialisation du pays d’Amérique du Sud l’enthousiasme, et il décide à son retour d’appliquer le même modèle au Nigéria. Avec cette nouvelle stratégie en tête, le groupe va très vite se transformer en un géant de l’industrie. La réussite est au rendez-vous, et les entités Dangote occupent souvent la première place dans leurs activités respectives. Longtemps confiné au seul territoire nigérian, ces dernières années ont marqué une expansion du groupe en Côte d’Ivoire et au Cameroun, et plusieurs milliards de dollars devraient être investis prochainement dans l’exploitation du gaz et du pétrole.

Trop proche du pouvoir ?

Aliko-Dangote-Forbes-Africa-May-Issue-on-BellaNaija.com_-458x600Certaines critiques ont pointé du doigt la grande proximité entre l’homme d’affaires et le pouvoir en place. Lorsqu’Olusegun Obasanjo, le président sortant, se représente aux élections de 2003, c’est Aliko Dangote qui finance sa campagne, en plus de débourser 945 000 euros pour le financement de la bibliothèque présidentielle. En 2007, le même président, avant la fin de son mandat, permet à Dangote de se porter acquéreur de deux raffineries d’Etat. L’impact est tel qu’il entraine une grève générale et l’annulation de la transaction. Pourtant, à la décharge de l’entrepreneur, aucune somme amassée par son groupe n’a été réalisée aux dépends d’autres sociétés. Le conglomérat n’a jamais eu recours aux expropriations et a toujours respecté les lois en vigueur. Ses détracteurs doivent aussi reconnaitre à Aliko Dangote sa forte propension à la philanthropie, et pas moins de 100 millions de dollars ont été consacrés au développement de la santé et de l’éducation, en collaboration avec la fondation Bill and Melinda Gates.

Plus grande fortune africaine

La progression des capitaux détenus par Aliko Dangote est d’une régularité impressionnante. En l’espace de deux ans, sa fortune a doublé, passant de 12 à 24 milliards de dollars, progression due tant à la bonne santé de ses entreprises qu’à d’excellents résultats en bourse. Cet homme discret et presque inconnu en dehors des frontières nigérianes devient le premier Africain à rentrer dans le cercle très fermé des 25 plus grosses fortunes mondiales. A la tête d’un conglomérat employant plus de 11 000 personnes, Aliko Dangote, à 57 ans, pourrait, par l’ampleur de ses projets en cours, voir sa fortune atteindre de nouveaux sommets.

 

3 commentaires »

  1. Franck Tanasi21 octobre 2014 at 8 h 57 min - Reply

    On peut penser ce que l’on veut du personnage. Quel parcours! Démarrer avec 23OO euros et deux camions pour se hisser parmi les hommes les plus riches au monde. Il faut un sacré sens des affaires.

  2. Carole Moun28 octobre 2014 at 0 h 14 min - Reply

    Un parcours impressionnant. On peut penser ce que l’on veut du personnage, mais il montre un grand instinct de businessman.

  3. Gateano Procho3 novembre 2014 at 23 h 02 min - Reply

    On peut penser ce qu’on veut du personnage, c’est quand même un vrai business man.

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