Le ciel africain reste à conquérir

Auteur 11 février 2014 1
Le ciel africain reste à conquérir

L’Afrique et l’aviation. Une histoire d’amour récente mais fusionnelle. L’histoire retiendra que la première bataille aéronavale avait eu lieu en Afrique équatoriale sur le lac Tanganyika, le soir du 10 juin 1916. Un siècle plus tard, le ciel reste à conquérir sur le continent africain.

Depuis une décennie, de nombreuses compagnies aériennes ont vu le jour sur le Continent africain. Poussées par l’émergence d’une classe moyenne qui représenterait – selon la Banque Mondiale – près du tiers de la population totale africaine, ces structures s’ajoutent à celles déjà en place. La plupart des compagnies historiques sont des legs de la période coloniale et font figure d’acteurs incontournables du secteur aérien.

Les nouvelles compagnies comme Air Burkina, Camair CO, Senegal Airlines, Air Mali, Air Mauritanie, Arik Air ou encore Air Nigeria, partagent le marché avec des « majors » comme Ethiopian Airlines, South African Airways, Egypt Air, Kenya Airways, ou encore Royal Air Maroc.

Pas de risques de saturation du marché

La multiplication des compagnies aériennes n’entraînera pas pour autant une saturation du marché. Selon les analystes, l’accroissement de la population et l’amélioration de son niveau de vie devraient s’accompagner du développement d’un réseau aérien plus dense, soit localement, soit régionalement. La classe moyenne africaine fera plus de déplacements en avion dans le futur.

Pour que les compagnies de transporteur aérien soient pérennes, il est vital qu’une collaboration technique, commerciale et infrastructurelle soit mise en place entre elles. Surtout dans le domaine de la desserte des lignes intérieures, dans laquelle le marché est encore à prendre. Les politiques doivent également déverrouiller le secteur.

Un secteur haut de gamme en expansion

Parallèlement au transport en masse de passagers, le secteur du jet privé se développe également très rapidement. Boosté par la multiplication des « nouveaux riches » et les exigences des hommes d’Etat, le secteur du « business jet » se porte très bien avec le développement de sociétés dans des pays comme l’Afrique du Sud, le Nigeria ou au Maghreb. Le potentiel de croissance de ces pays est prometteur.

jetprive

Les grands groupes internationaux, à l’image de Tag Aviation n’ont pas hésité à investir sur le continent. Tag Aviation est l’une des entreprises qui a la plus grosse flotte d’avions privés desservant l’Afrique depuis l’Europe. De même, VistaJet, premier fournisseur mondial d’aviation privée basé en Suisse, a connu une forte demande pour des vols entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Ceci témoigne d’un segment de niche appelé à croître d’une manière stable.

Un taux d’accidents douze fois supérieur à la moyenne mondiale

Malgré le développement exponentiel du secteur aérien, bien des problèmes continuent à le miner le transport aérien sur le continent. En premier lieu, l’ingérence des acteurs étatiques dans les affaires des compagnies nationales. Cela affecte souvent les décisions stratégiques et économiques. L’autre gros point noir est le volet sécuritaire. L’Afrique continue à enregistrer un taux d’accidents douze fois supérieur à la moyenne mondiale. La raison principale demeure la maintenance qui est souvent négligée car elle coûte cher aux compagnies.

Par ailleurs, les centres de maintenance ne sont pas très nombreux sur le continent. D’où la raison pour laquelle de nombreuses compagnies du continent sont blacklistées par l’Union européenne.

En dernier lieu, le tarif excessif appliqué par les compagnies aériennes pénalise les destinations africaines. Même si la taille des marchés dicte la loi sur le tarif, les écarts entre les destinations sont trop flagrants, seuls l’Afrique du Sud et le Maghreb sont épargnés par cette distension. Un siècle après la bataille du Tanganyka, d’autres combats, sur des terrains économiques cette fois-ci, attendent le transport aérien en Afrique.

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  1. meta ornella13 juillet 2014 at 11 h 01 min - Reply

    pourquoi à conquérir?

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